Il est des situations dont il convient de parler. Ainsi, la semaine dernière fut riche d'enseignements. Enfin, pas pour tout le monde... Notamment pour nos chers bambins de l'école élémentaire, puisqu'ils ont dû se passer de leur enseignante pendant 5 jours !!! Vous me direz, et alors ? On a bien le droit d'être malade ? La profonde humanité du service public a prévu ce genre de situation depuis longtemps et réserve des enseignants, remplaçants ponctuels, afin d'assurer la transition. Certes. De surcroît, notre secteur est pourvu de deux enseignantes chargées de cette mission. On se dit qu'on a bien de la chance. Et mieux encore ; l'Éducation nationale est géniale : elle a également prévu d'autres enseignants spécialement réservés aux congés maladies, maternité... bref, de longue durée. Mais le hic c'est quand nos deux enseignantes ont été sommées d'assurer des remplacements de longue durée. Résultat, une institutrice (on dit plus comme ça, mais ça fait moins de répétition) n'a pas pu être remplacée la semaine dernière ! Mais comment est-ce possible ??? On contacte l'inspection académique dans ce genre de situations. En plus, ils sont sympas à l'inspection, ils sont là pour améliorer le quotidien de nos enfants. C'est pas ironique ; souvenez-vous, en septembre, on avait des classes surchargées, des triples niveaux et madame l'inspectrice s'était déplacée, avait constaté et avait directement créé un poste supplémentaire. De quoi continuer à vouer une confiance éternelle à notre service public! Mais quand l'inspection académique a plus de malades que de remplaçants ? Impossible ! c'est aussi prévu.
Enfin, plus maintenant. Les temps de crises que nous traversons obligent à des économies. Notre gouvernement avait senti le vent venir. Ils sont forts. Donc, il a été décidé de ne pas renouveler les postes de ceux qui partent en retraite. Par exemple, cette année, 17000 d'entre eux passeront à la trappe. C'est énorme les économies qu'on va faire !
Résumons. T'es malade, tu t'arrêtes, tes collègues payent pour toi, tes élèves ne recevront pas leur enseignement, ils vont prendre du retard dans le programme, pourtant pas si chargé que ça, et toi tu ne culpabilises même pas ? Tu t'autorises un congé ? Non mais, c'est le luxe là ! T'es vraiment dégueulasse ! T'as pas le droit de laisser tomber les gens comme ça ! C'est des gosses quand même ! Feignasse de fonctionnaire va !
Certains esprits pervers pensent que c'est de la faute de nos dirigeants si on en est là. Ils vont même jusqu'à les accuser de préférer construire des prisons plutôt que des écoles ! Ils font quand même des raccourcis dignes de gens pas très intelligents. Pourtant, ils sont allés à l'école publique, gratuite, obligatoire. Ils ont appris à lire, à écrire, à compter. Ils ont reçu une ouverture d'esprit, des connaissances pour affronter le monde. Ils ont toujours eu un enseignant en face d'eux pour construire les bases de leur citoyenneté, faire d'eux des gens responsables. Ils ont aujourd'hui une place dans la société. Ils savent comprendre le monde qui les entoure... Les ingrats !
Et dire que j'ai failli les croire ! Bon, et puis c'est quand même pas un drame si les gosses n'ont pas de profs en face d'eux pendant quelques jours ! Ils iront dans les autres classes, le soir ils auront pas de devoirs. Ça fera ça de moins à faire pour les parents. Et pis, regarde, au Burkina, ils sont 80 par classe, et ils se plaignent pas. Ça les empêche pas d'être heureux, de nager dans le bonheur de notre planète mondialisée. Alors, arrête d'imaginer que nos enfants seront de petits agneaux dociles pas capables de défendre leurs acquis sous prétexte qu'ils font douze fautes par mots dans chaque dictée et qu'ils comprennent pas le message de tel candidat aux élections présidentielles sur le papier qu'ils ont reçu.
T'as écrit tout ça à cause d'un malheureux petit arrêt maladie ? Y'a un truc qui tourne par rond chez toi, tu devrais peut-être consulter...
Tiens ? Cliquez donc là-dessus.

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